Signature d'Auguste Lançon

Le siège et la défense de Paris

Auguste Lançon - Le Monde Illustré 25 mars 71

Départ des troupes
Canonnière échouée au pont-au-change

Les défenseurs de Paris retournant dans leurs foyers
Le Monde Illustré, 25 mars 1871

Départ des troupes
Canonnière échouée au pont-au-change

La guerre terminée et la convention de Versailles imposant le désarmement des troupes qui avaient concouru pendant cinq mois à la défense de Paris, nos braves marins, nos mobiles et nos soldats de la ligne redevenaient pékins.

N'ayant conservé que le costume de tout leur fourniment militaire, on les voyait les uns et les autres se promener sur nos places, nos boulevards, dans nos rues, par groupes de cinq à dix, marchant du pas lent et paresseux du flâneur. Ils allaient de par ce grand Paris, s'arrêtant aux devantures de boutiques, s'attroupant au moindre incident, utilisant en un mot toutes les occasions pour tuer le temps, qui avait l'air de leur peser lourdement.

À tous, il leur tardait de revoir le pays.

Ils avaient assez de Paris.

Les troupes de ligne furent licenciées.

Le 6 mars eut lieu le premier départ des mobiles de province.

Vingt-huit bataillons, notamment ceux de l'Aisne de l'Aube, de Seine-et-Oise, de la Seine-Inférieure et de la Somme, quittèrent ce jour-là Paris.

Les mobiles des départements voisins de la Seine reçurent leurs vivres de route ; à ceux des départements éloignés il fut compté plusieurs jours de solde. Les uns ont voyagé à pied, par étapes, et sous la conduite de leurs officiers ; les autres sont partis en chemin de fer pour rejoindre leurs provinces éloignées.

Le 1er régiment d'infanterie de marine, suivi des marins de la flotte a également rejoint son port d'embarquement. Ce sont ces mêmes marins qui, le jour où fut signée la capitulation de Paris qui les déclarait prisonniers de guerre, furent tellement sensibles à la défaite, que, dans le but de soustraire aux Prussiens une de leurs canonnières, ils la coulèrent contre une des piles du Pont-au-Change. Ils pensaient que la reddition des armes comportait la livraison à l'ennemi de ces vaillants petits navires qui avaient si puissamment contribué à la défense de la capitale.

Lorsqu'ils apprirent que les canonnières n'étaient pas livrées à la Prusse, ils se mirent courageusement à l'œuvre pour la renflouer. Le travail dura plusieurs jours, mais enfin on parvint à mettre le navire à flot.

Cette canonnière, sauvée des eaux, les conduira-t-elle un jour dans le pays de Chanaan, c'est à dire dans les eaux de la Prusse ? Ils y comptent bien.

Mobiles et marins, puissent-ils être arrivés à bon port pour raconter à leurs amis et connaissances leurs prouesses du siège de Paris.

M. V.
Le Monde Illustré — 25 mars 1871
Les marins retirant de la Seine la cannonière immergée par eux pour la soustraire à l'ennemi
Le Monde Illustré, 25 mars 1871

Le siège et la défense de Paris

Les dessins parus dans l'Illustration du 17 septembre 1870 au 25 mars 1871

 

Les dessins parus dans le Monde Illustré du 24 décembre 1870 au 25 mars 1871

 

L'affaire de Champigny

 

Lançon, sergent au 46e bataillon