Signature d'Auguste Lançon

Lançon et les Salons

Auguste Lançon au salon de 1882

1882

Peintures

N° 1523 — « La Dompteuse — souvenir de la foire aux pains d'épices ».

Aucune image de cette oeuvre

N° 1523 — « La Dompteuse — souvenir de la foire aux pains d'épices ». Cette dompteuse, en maillot couleur chair, est dans la cage de ses fauves et se redresse en faisant siffler sa cravache. Au travers des barreaux, on aperçoit les rangs étagés de la foule, et, au premier plan, un superbe lion accroupi, assez bien étudié ; mais l'ensemble manque un peu d'effet.

Dictionnaire Véron, ou mémorial de l'art et des artistes de mon temps / par Véron, Théodore (1820-1898).

En face, une autre femme triomphe. Une belle fille du peuple, solide, bien bâtie, sous son maillot d’un ton peu avantageux, dompte de puissants lions, d’une héroïque allure. Plus loin, derrière les grilles, les spectateurs variés regardent. C’est massif et, en même temps brutal. Les animaux ont une lourdeur sereine ; la saltimbanque a une grâce poseuse ; les gens du fond ont une immobilité attentive. La scène est presque solennelle. Elle est traitée avec un dédain visible des arrangements vulgaires. On reprochera à l’auteur, M. Lançon, des uniformités injustifiées d’ombre, une volonté fâcheuse de considérer la lumière comme non avenue. Mais on louera les lignes qu’il a trouvées, la haute impression de son dessin, la sobriété des moyens employés.

L’Intransigeant, 18 mai 1882

Lançon possédait encore ce tableau à sa mort. Le tableau fut vendu lors de la vente de 1888 pour 135 francs. En 1900, le tableau devenu propriété d'un membre de la famille Pezon était de nouveau à vendre. Un appel à souscription en vue de l'acquérir pour l'offrir à la ville de Saint-Claude, commune natale de Lançon, fut lancé dans L’Écho de la montagne et semble-t-il n'aboutit pas.


N° 1524 — « La Tranchée devant le Bourget — janvier 1871 »,

Aucune image de cette oeuvre

N° 1524 — « La Tranchée devant le Bourget — janvier 1871 », est remplie de gardes nationaux en tenue de campagne. Les sentinelles observent l'ennemi avec attention. Au premier plan, un soldat de la ligne avec son sac sur le dos. Un ciel brumeux étend au-dessus de toute la scène son voile de plomb. Bon tableau militaire bien composé.

AUGUSTE LANÇON. La Tranchée devant le Bourget ; janvier 1871. — Pourquoi ces colossales dimensions. — La Dompteuse ; souvenir de la Foire aux pains d'épices Vaut beaucoup mieux ; l'artiste semble se dégager de la bouteille à l'encre et des duretés que cultivait par trop son pinceau.

Courrier de l'art, 15 juin 1882

Les peintres « animaliers », puisque c’est ainsi qu’ils se nomment, ne se sont pas distingués au Salon de cette année : j’avoue même ne pas très bien comprendre l’intérêt que peut offrir la peinture d’animaux, telle qu’on nous la présente habituellement. Autant ce genre prend en sculpture une importance légitime, autant il faiblit en peinture, et ce n’est là qu’un mouvement de balance absolument juste et naturel.

Prenons par exemple la cage des lions de M. Lançon, la Dompteuse ; souvenir de la foire aux pains d’épice. Quel intérêt nous présente ce lion abruti qui rappelle le pain d’épice à plus d’un point de vue ?

Comment M. Lançon, qui fait des eaux-fortes si remarquables, fait-il de la peinture aussi terreuse, aussi boueuse, aussi désagréable, et je ne parle pas de son autre tableau, car l’artiste mérite ce silence !

La Gazette de France, 14 juin 1882

Gravures, eaux-fortes

Au salon de 1882, Lançon présentait sous le n°5399 deux eaux-fortes : "Lion de la haute Nubie" et "Combat de cerfs d'après Courbet" et sous le n°5400 cinq autres eaux-fortes que le catalogue de l'exposition ne détaillait pas.

Lançon était hors-concours dans cette catégorie ayant déjà reçu une médaille de 2e classe.

 

Combat de cerfs d'après Courbet
Combat de cerfs d'après Courbet

Gustave Courbet,Le Rut du printemps. Combat de cerfs
Gustave Courbet, Le Rut du printemps. Combat de cerfs,en 1861,huile sur toile,H. 355,0 ; L. 507,0 cm. ,©RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)/Hervé Lewandowski

Aucune image de « La Tranchée devant le Bourget — janvier 1871 » n'a pu être encore découverte. Toutefois Lançon avait réalisé une eau-forte sur ce thème laquelle a dû service de base au tableau. Il connaissait d'autant mieux la scène qu'il précise sur l'eau-forte qu'il s'agit des soldats du 46e bataillon, unité à laquelle il appartenait avec le grade de sergent.

Une autre question est de savoir ce qu'est devenu le tableau. Les journaux du temps ont rapporté qu'il a été donné à la ville de Paris par les héritiers de Lançon à la veille de la vente aux enchères du contenu de son atelier en 1888. Une étude consacrée aux collections de la ville parue dans le Moniteur des arts du 19 décembre 1890 le confirme : "La Ville de Paris possède aussi quelques tableaux et dessins de valeur inégale. Les plus remarquables sont: La Sieste, de G. Courbet, Devant le Bourget, du célèbre aquafortiste Lançon, peinture sombre et lourde...".

Depuis, plus rien...

Lançon : La Tranchée devant le Bourget — janvier 1871 (eau-forte)

Lançon et les Salons

Compte-rendu des Salons

L'exposition des refusés

Les Artistes francs-comtois au Salon de 1879