Signature d'Auguste Lançon

Lançon et les Salons

Auguste Lançon au salon de 1874

1874

Peintures

Morts en ligne ! (Champ de bataille de Bazeilles, 1er septembre 1870 à 5 heures du soir)

Lançon : Morts en ligne
Morts en ligne (Actuellement au Musée départemental de la guerre de 1870 et de l'Annexion à Gravelotte.)

Quelques artistes de talent comme M. Lançon sont arrivés à produire des œuvres qui laissent absolument indifférent, en cherchant l'émotion à tout prix, en dramatisant outre mesure des événements si terribles par eux-mêmes, qu'il suffit de les peindre simplement pour nous toucher. Le tableau de M. Lançon : Morts en ligne (salle-F. H. n° 1065) est très regardé, et mérite de l'être. Le peintre s'est néanmoins trompé.

En dehors même de toute question d'exécution, le dernier petit mobile qui escalade le talus dans la toile de Neuville, nous émeut plus que ces cinq cadavres systématiquement alignés dans la toile de M. Lançon. Ici, c'est la vie elle-même, sincèrement produite par l'artiste ; là c'est le dramatisme factice. Nous savons gré à quelques-uns de nous dire l'héroïsme de nos soldats, et de dérouler devant nous les pages d'une histoire qu'il ne faut pas oublier. Nous en voulons presque à d'autres de chercher dans d'aussi navrantes réalités le raffinement dans l'horrible et le sinistre dans la tristesse.

E. Drumont. Le Petit Journal, 8 mai 1874

M. Lançon, malgré une exécution incomplète dans sa brutalité, aurait peut-être produit le plus d'effet, parmi tous, si au lieu de reléguer la musique prussienne au fond de son tableau où on a peine à la découvrir, il l'avait plantée au premier plan, en face des cadavres français.

Musée universel : revue illustrée hebdomadaire

L'année dernière, on a refusé à M. Lançon un tableau terrible, la Tranchée remplie de cadavres qui a fait frissonner les visiteurs du salon des refusés. La grande toile que le jury, plus indulgent cette fois admise au salon, n'est pas supérieur à l'ouvrage renvoyé en 1873. Même facture brutale, même recherche de l'horrible, même absence de goût. Une rangée de cadavres à moitié décomposés au premier plan ; au fond, les ambulances : c'est effroyable à voir. Peinture brutale et terne. M. Lançon est un des champions de la peinture de l'avenir. Il faut plaindre ceux qui viendront après nous.

Albert Wolf — Le Gaulois, 16 mai 1874

Avec cette peinture, Lançon reprend un dessin qui avait été publié initialement par L'Illustration en septembre 1870 sous le titre "Effet d'un boulet de canon". Lançon en tirera également une eau-forte pour la Troisième Invasion d'Eugène Véron.

L'Illustration, 17 septembre 1870

*
*      *

"Morts en ligne" a été acheté par l'État à l'issue du Salon.

Source : Albums des salons du XIXe siècle ; salon de 1874

Lionne et ses petits

Aucune image de cette oeuvre

M. Lançon cultive les fauves, comme faisait Delacroix et comme fait Barye ; il en connaît les mœurs et les attitudes sa Lionne a l'énergie nonchalante et la robuste souplesse de la nature.

Jules-Antoine Castagnary (1830-1888)
Salons.... Tome II. 1872-1879

 


Lançon et les Salons

Compte-rendu des Salons

L'exposition des refusés

Les Artistes francs-comtois au Salon de 1879