Signature d'Auguste Lançon

Lançon vu par ...

 Auguste Lançon vu par la revue Beaux-Arts

La revue Beaux-Arts

L’animalier Auguste Lançon

 

L'auteur du texte cumule les erreurs et les approximations, à commencer par le prénom de l'artiste, et verse ici dans la légende entourant Lançon.
Il ne fut pas infirmier. Ce n'était pas un régiment de marche. Il ne se compromit pas gravement durant la Commune. Il fut condamné à 15 jours d'emprisonnement pour "s’être, à Paris, en 1871, dans un mouvement insurrectionnel, immiscé sans titre dans des fonctions publiques militaires (avec circonstances atténuantes)", lesdits faits étant caractérisés par l'acceptation du grade de capitaine et la perception de la solde y afférant.
Quant à Bartholdi...

L’exposition des animaliers de la galerie Briand-Robert, dont la Revue rendait compte récemment comportait dans sa partie rétrospective quelques belles toiles d’Auguste André Lançon. Il était intéressant et équitable de remettre un peu en lumière ce grand artiste trop oublié. Ce fut un des plus beaux peintres animaliers de la période Second Empire. Ses peintures d’animaux, qui ont beaucoup de majesté, de simplicité d’exécution, qui font souvent penser à des esquisses pour fresque, ne sont pas sans quelque analogie avec les peintures de Barye. Il eut deux admirations :

Barye, précisément, et Delacroix. Et son respect pour Barye fut tel que jamais — sauf une fois — il ne voulut traduire d’animaux en sculpture.

Infirmier pendant la guerre de 1870, puis sergent dans un bataillon de marche, il se compromit gravement pendant la Commune. Il ne semble pas que le gouvernement lui en ait tenu grande rigueur. Il fournit, comme on sait, le projet du Lion de Belfort, monument dont on fait un peu trop exclusivement honneur à Bartholdi.

La date du décès est erronée.
Lançon est décédé le 13 avril 1885.

Lançon mourut en 1884 (sic), déçu par son récent échec aux élections législatives auxquelles il s’était présenté comme « rouge » ; navré aussi de ne pouvoir assister à l’exposition des œuvres de Delacroix qui s’organisait à l’École des Beaux-Arts, pendant que Lançon s’éteignait. Ce fut un artiste probe et laborieux, et l’on doit le considérer comme un des grands précurseurs de l’art animalier actuel.

La Gazette des Beaux-Arts en 1887 lui consacrait un article dû à la plume de son secrétaire de la rédaction d’alors, A. de Lostalot, rappelant qu’il avait célébré sans lyrisme les misères de la défaite, sans « cette enflure pathétique qui ne va pas sans teinter d'une nuance de ridicule l’anathème des vaincus ». Il avait gravé une suite de 17 eaux-fortes accompagnant un texte d’Eugène Véron, la Troisième Invasion, puis 17 non elles planches sur la guerre de 1870 et le Siège de Paris. De nombreux croquis de lui avaient paru en librairie et dans les revues illustrées, mais ses dessins d’animaux furent certainement les meilleurs de son œuvre. La Gazette de 1887 publia une eau-forte de lui représentant une Lionne du Sénégal dont nous donnons une reproduction. La fierté de son allure, la vigueur de son exécution sont saisissantes.

Mort à 48 ans, il n’eût pas le temps de donner toute sa mesure, mais les toiles où il a étudié les grands fauves, des dessins où il a noté avec vigueur leurs silhouettes et leurs attitudes, les esquisses surtout où il s’est montré coloriste hardi et neuf, méritent qu’on lui fasse une place à côté des plus grands artistes de la seconde moitié du XIXe siècle,

R. R.
Beaux-Arts, 1er janvier 1927



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