Signature d'Auguste Lançon

Mort d'Auguste Lançon

Auguste Lançon - Souscription Lançon en vue de l’achat du tableau (1900)

Souscription Lançon en vue de l’achat du tableau « La dompteuse, souvenir de la foire aux pains d’épices »

L’Écho de la montagne, 6 octobre 1900

Souscription pour offrir
à la ville de Saint-Claude
UN TABLEAU
d'Auguste Lançon.

On voit exposé depuis quelques jours dans la vitrine de M. Alex, rue du Pré, une grande composition qui mesure 2m65 de hauteur sur 2m05 de largeur, signée Auguste Lançon et portant le n° ____ sous lequel elle a figuré au Salon annuel des Beaux-Arts, à Paris, en 1882.

Le tableau représente une dompteuse et voici la description qu’en donnait un critique d’art autorisé, lors de cette exposition :

« Une belle fille du peuple, solide, bien bâtie sous son maillot d'un ton peu avantageux, dompte de puissants lions d’une héroïque allure. Plus loin, derrière les grilles, les spectateurs variés regardent. C’est massif et en même temps brutal. Les animaux ont une lourdeur sereine, la saltimbanque a une grâce poseuse ; les gens du fond ont une immobilité attentive. La scène est presque solennelle. Elle est traitée avec un dédain visible des engouements vulgaires ; on louera les lignes que Lançon a trouvées, la haute impression de son dessin, la sobriété des moyens employés. Les œuvres de M. Lançon sont d’une saveur âpre mais elles retiennent toujours et sont d’une personnalité rare. »

Cette toile, une des plus importantes qui furent vendues en 1888, à Paris, hôtel Drouot, après la mort de l’artiste, a passé depuis dans diverses collections et appartenait en dernier lieu à un de nos plus célèbres dompteurs, M. P. (*)

Elle présente en pleine maturité le talent de son auteur comme peintre de genre et animalier et son ampleur, un peu vaste pour une collection privée, convient au contraire à la décoration d’une galerie publique.

À l’imitation de ce qui s’est fait dans diverses villes et même à Paris pour le Musée du Louvre, quelques habitants de St-Claude, jaloux de s’associer à l’heureux projet de création d’un Musée local, ont eu l’idée d’ouvrir une souscription à un franc, dans le but d’offrir à la ville comme tête de collection, cette œuvre remarquée d’un enfant de St-Claude qui fut à la fois peintre, dessinateur, aquarelliste, sculpteur et aquafortiste.

Son entrée au Musée de St-Claude, par cette voie d'offrande collective, sera un hommage posthume rendu à la mémoire d’un concitoyen, dont les débuts dans l’art furent subventionnés par le Conseil général du Jura et dont les œuvres figurent avec honneur, en France et à l’étranger, dans les Musées nationaux comme dans les collections particulières.

Beaucoup vivent encore ici qui ont connu Auguste Lançon, qui ont été ses amis d’enfance, ses camarades de jeunesse et qui ont vécu dans son intimité. Ils se rappellent ses qualités d’homme et tiendront à honorer son talent et sa mémoire en prenant part à la souscription dont le succès paraît assuré.

(*) Il s'agissait du dompteur Pezon.


Cette souscription, semble-t-il, n'aboutit pas.

Le tableau en question « La dompteuse, souvenir de la foire aux pains d’épices », dont aucune reproduction n'a pu être retrouvée avait été présenté au salon de 1882.

A en croire les critiques, il ne s'agissait pas d'un tableau plus réussi que les précédents. L'Intransigeant dans son numéro daté du 18 mai 1882 était sévère :

La Dompteuse, souvenir de la foire aux pains d'épices

En face, une autre femme triomphe. Une belle fille du peuple, solide, bien bâtie, sous son maillot d’un ton peu avantageux, dompte de puissants lions, d’une héroïque allure. Plus loin, derrière les grilles, les spectateurs variés regardent. C’est massif et, en même temps brutal. Les animaux ont une lourdeur sereine ; la saltimbanque a une grâce poseuse ; les gens du fond ont une immobilité attentive. La scène est presque solennelle. Elle est traitée avec un dédain visible des arrangements vulgaires. On reprochera à l’auteur, M. Lançon, des uniformités injustifiées d’ombre, une volonté fâcheuse de considérer la lumière comme non avenue. Mais on louera les lignes qu’il a trouvées, la haute impression de son dessin, la sobriété des moyens employés.

Mais l'Intransigeant l'était quand même moins que la Gazette de France du 14 juin 1882

Prenons par exemple la cage des lions de M. Lançon, la Dompteuse ; souvenir de la foire aux pains d’épice. Quel intérêt nous présente ce lion abruti qui rappelle le pain d’épice à plus d’un point de vue ?

Comment M. Lançon, qui fait des eaux-fortes si remarquables, fait-il de la peinture aussi terreuse, aussi boueuse, aussi désagréable, et je ne parle pas de son autre tableau, car l’artiste mérite ce silence !

Cet autre tableau, c'était "La Tranchée devant le Bourget ; janvier 1871."

Lançon détenait encore "La Dompteuse" à sa mort et celui-ci fit partie de la vente TUAL-BERNHEIM (n°6 de la vente). Le tableau fut vendu pour 135 francs.