Signature d'Auguste Lançon

Mort d'Auguste Lançon

Auguste Lançon - Le monument

Appels pour l'érection d'un monument

L’Intransigeant, 12 janvier 1887

On nous communique l'appel suivant, que nous insérons avec empressement et auquel nous ne doutons pas qu'il sera chaleureusement répondu.

Les amis de Lançon, enlevé par la mort, en pleine vigueur, en plein talent, ont résolu de lui élever un monument.

Ils font appel aux artistes dont aucun n’a oublié l’artiste si robuste et si franc. Dessinateur, aquafortiste, peintre partout original, parce qu’il est sincère, cherchant partout la réalité dans, ce qu’elle a de, plus puissant comme la vie des grands fauves, ou les drames vrais de la guerre, Lançon ne sut jamais ni courtiser la mode, ni servir le succès ; mais il laisse dans les arts, avec le souvenir d’un caractère estimé de tous pour sa fière et cordiale indépendance, une œuvre qui suffit, comme témoignage d’un homme.

D’autres, encore, tiendront à honorer sa mémoire : ceux qui l’ont connu à l’avant-, garde, où il était dans sa carrière civique, ils l’ont vu, dans la rude et simple loyauté de ses convictions inébranlables ; accepter tous les sacrifices et regarder en face tous les périls : ils ne l’ont jamais vu ni au milieu des intrigues, ni sur le chemin des récompenses. À ce titre, il fut de ceux dont les adversaires eux-mêmes peuvent honorer, sans se démentir, la foi toujours vaillante et toujours désintéressée.

Il faut qu’il repose sous une tombe digne à la fois et de l’artiste et de l’homme. Pour recueillir : les ressources nécessaires, nous nous adressons, avec confiance à ses amis, à ses confrères, à ses compagnons de lutte, à ses compatriotes.

Camille Pelletan,
Jean Gigoux.

L’Intransigeant, 24 février 1887

Un comité de Francs-Comtois, vient de se constituer, pour élever un monument à la mémoire d’Auguste Lançon, le peintre animalier décédé en 1885.

Une-souscription est déjà ouverte à Paris où Lançon, cet artiste de grand talent, qui était aussi un citoyen de grand cœur, comptait beaucoup d’amis.


Oubli à réparer

L’Intransigeant, 19 juin 1888

L’hiver dernier, plusieurs amis .et sincères admirateurs du regretté Auguste Lançon avaient pris’ l’initiative d’ouvrir une souscription Afin d’élever un monument à la mémoire de ce grand aquafortiste trop tôt ravi à son art par une longue et cruelle maladie. Un comité s’était aussitôt formé, composé de tout ce que Paris compte d’illustrations dans l’art et la littérature : Henri Rochefort, Léon Cladel, Roli, Jean Gigoux, Charles Jacques, Camille Pelletan, Frémine, Roubaud, Edmond Bazire, etc., etc., et des listes nombreuses avaient été distribuées par le soin de ce comité.

Dix mois se sont écoulés et pas une liste n’a encore été retournée à notre ami Xavier Dumoulin, le dévoué trésorier du comité. Il n’entre certes point dans notre pensée d’incriminer les retards apportés à l’exécution de ce monument ; mais on nous permettra bien de rappeler au souvenir de ses nombreux amis et de la grande phalange artistique et littéraire dans les rangs de laquelle il combattit si brillamment, Auguste Lançon, le puissant animalier, l’émule de Barye, avec lequel il rivalisait par la haute impression de son dessin et un rare sentiment de personnalité.

Lançon, peintre, aquafortiste et sculpteur, fut aussi un homme de bien, un républicain très ferme, et il réalisa durant sa vie entière l’idéal du poète : L’accord d’un beau talent et d’un grand caractère.

En lui offrant le suprême et légitime hommage d’un monument funéraire digne de lui, ses amis et ses admirateurs s’acquitteront d’une dette sacrée qu’ils ont contractée au nom de la patrie et de la République des arts et des lettres.


Grave oubli

L’Intransigeant, 31 octobre 1888

Dans un recoin délaissé du cimetière Montparnasse est le caveau où repose la dépouille mortelle du grand aquafortiste Auguste Lançon. L’herbe y croît tout autour et quelques planches mal assemblées protègent à peine le cercueil contre les intempéries des saisons.

Il nous souvient cependant des beaux et touchants discours prononcés sur cette tombe par des amis autorisés devant la foule nombreuse qui avait tenu à accompagner le bon citoyen et l’artiste éminent à sa dernière demeure, discours où l’on jurait d’honorer dignement sa mémoire. Ce n’est pas tout : il y a un an, un comité se formait dans le but de recueillir les souscriptions destinées à élever un monument à Lançon et des listes de souscription étaient distribuées un peu partout par les soins de ce comité.

Or, pas une seule des listes n’a encore été renvoyée à notre ami Dumoulin, trésorier du comité, et la tombe du cimetière Montparnasse présente toujours le même aspect désolé.

À la veille de la fête commémorative des Morts, les amis de Lançon se souviendront-ils qu’ils n’ont pas payé leur-dette à sa mémoire ?


L’Intransigeant, 19 janvier 1889

Nous avons fait parvenir, hier, à M. Dumoulin, trésorier du comité qui s’est formé dans le but d’élever un monument à la mémoire du regretté Lançon, la somme de 96 fr. recueillie à l'Intransigeant.


L’Intransigeant, 24 avril 1889

Les souscripteurs pour le monument du regretté A. Lançon sont invités à assister à la réunion qui aura lieu le 27 avril à huit heures et demie du soir, au café d’Alençon (gare Montparnasse), afin de vérifier, la souscription, d’arrêter les comptes et de prendre une décision.