Signature d'Auguste Lançon

Le siège et la défense de Paris

Auguste Lançon - L'affaire de Champigny - 1

L'affaire de Champigny - 1

L'affaire de Champigny qui est une des étapes marquantes de la grande offensive que menaient les français dans le sud-est de la capitale a marqué les esprits parce qu'elle représentait un espoir de retourner une situation qui apparaissait de plus en plus compromise. Dans son numéro du 3 décembre, l'Illustration, sous la signature d'Henri Vigne, écrivait :

"C'est la grande semaine.

Le soixante-treizième jour du siège a commencé le premier acte du grand drame qui doit nous conduire à la délivrance, et dans cette crise suprême, pas une journée, pas une heure, pas une minute ne s’est passée sans donner a Paris une commotion violente.

Bataillons, régiments, escadrons, batteries allant prendre leur poste de combat; — compagnies de guerre allant s'unir aux combattants de l'armée; — tambours battant, la nuit, la générale et le rappel; — groupes accourant au coin des rues pour assister au défilé des défenseurs de la patrie; — foule anxieuse à la piste des bruits qui courent; — partout l'émotion et la conscience du choc terrible qui va s'engager.

Jamais, depuis le commencement de la guerre et du siège, le patriotisme n'a montré une attitude plus sincère, plus simple, plus énergique. Paris sait qu'il commence le grand duel de la force et du droit."

Pour Lançon, l'évènement fut aussi marquant et il reviendra sur celui-ci en peinture et en eaux-fortes qui constituent des pièces cardinales de son oeuvre.

Prise de la fourche de Champigny

La prise de Champigny, que nous représentons par les deux dessins de cette page, forme en quelque sorte la première étape de la campagne qui vient de s'ouvrir sous les murs de Paris. L'occupation de ce poste montre par quelle lutte opiniâtre ont été tour à tour attaqués et défendus chacun des points fortifiés par les Prussiens.

Depuis le 11 octobre dernier, la position de Champigny n'a cessé d'être l'objectif des forces que nous avions au delà de Vincennes. Les batteries de la Faisanderie et de la redoute de Joinville ont fait, à différentes reprises, tomber une pluie de bombes sur les postes défendus par l'ennemi. Les maisons où s'abritaient les Prussiens, les bâtiments qui servaient à leurs approvisionnements ont été successivement l'objet de vives attaques et de longues canonnades.

Le bombardement a été des plus violents, surtout le 25 octobre, le 12 et le 21 novembre, où l'ennemi a été définitivement chassé de cette position importante.

La plupart des reconnaissances et des attaques dirigées contre Champigny ont été exécutées par la compagnie des tirailleurs parisiens, commandée par le capitaine Lavigne, qui a mérité plusieurs fois les honneurs de l'ordre du jour. C'est la compagnie des tirailleurs parisiens qui servit de

garde d’honneur permanente au Gouvernement provisoire jusqu’au 14 septembre.

À cette date, elle rejoignit, sur l'ordre du général Trochu, le premier bataillon des francs-tireurs de Paris, et depuis ses états de service sont écrits dans les rapports militaires publiés par l’état-major de la défense de Paris.

À cet égard, on peut dire en général que les corps francs ont rendu à Paris et à la France les services les plus éclatants. Des chiffres douloureux nous permettent d'apprécier à sa juste valeur le dévouement qu’ont montré ces volontaires de la défense nationale. Veut-on connaître le résultat de la campagne de deux mois et demi faite par la Compagnie des tirailleurs parisiens ? Le voici en trois chiffres significatifs ; la Compagnie qui ne possède que 150 hommes, compte déjà 17 morts, 22 blessés et 10 hommes dis parus !

Elle a figuré cinq fois à l’ordre du jour, et la dernière fois précisément à la prise de Champigny, où les tirailleurs ont fait preuve d’une vaillance et d’une intrépidité qui lui ont valu les félicitations des généraux qui conduisaient l'attaque.

LÉON CREIL.
Fourchette de Champigny
L'Illustration, 3 décembre 1870

Lançon reprendra sson dessin sous forme d'une eau-forte.

Fourchette de Champigny
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris

Le siège et la défense de Paris

Les dessins parus dans l'Illustration du 17 septembre 1870 au 25 mars 1871

 

Les dessins parus dans le Monde Illustré du 24 décembre 1870 au 25 mars 1871

 

L'affaire de Champigny

 

Lançon, sergent au 46e bataillon