Signature d'Auguste Lançon

Le siège et la défense de Paris

Auguste Lançon - Les gardes mobiles

Les gardes mobiles

 

L'Illustration, 12 novembre 1870, page 336
L'Illustration, 12 novembre 1870

II

La garde nationale va se montrer à son tour digne de l'armée. La voilà mise au premier rang de l'offensive, et rendons un public hommage à son patriotisme, les compagnies qui ont fait des reconnaissances se sont bravement comportées devant l'ennemi. Plusieurs bataillons ont déjà reçu le baptême du feu, et prouvé à la Prusse que la garde nationale représente une sérieuse et puissante armée.

Pour le service des remparts, quelle école du soldat, d'ailleurs ! Voyez-vous d'ici ce garde qui regagne le logis. Il traîne un peu l'aile ; il a froid, il a faim. Tout à coup, au tournant de la rue, sa taille se redresse, son œil s'anime, il sourit. C'est qu'il vient d'apercevoir toute sa petite famille accourent à sa rencontre. Et voilà que chacun lui saute au cou. Monsieur son dernier est déjà sur son bras, tandis que les autres s'accrochent comme ils peuvent à ses jambes. Quelle joie ! et comme la maman est fière ! Aussi, voyez son allure. N'est-ce point-là la femme d'un héros ?

Mais ce n'est pas tout. Si nous avons le service des compagnies de guerre, le service de la garde nationale sédentaire, nous avons aussi le service du génie civil.

Toute œuvre patriotique est sûre aujourd'hui d'être bien accueillie. Les bataillons civiques non armés ont eux-mêmes accepté sans se plaindre la tâche ingrate qui leur est réservée dans l'œuvre de la défense. Nous montrons à l'œuvre ces travailleurs du génie civil, qui mettent la dernière main au travail de la défense et des barricades.

C'est Totleben qui l'a dit. Dans un siège, il faut savoir remuer de la terre, encore de la terre et toujours de la terre. Le génie civil de la garde nationale rend donc à la défense un service des plus signalés.

III

Quant au mobile, il est tout simplement transformé. Métamorphose complète. Voyez-le à l'œuvre. Faut-il aller fourrager ? Il travaille comme s'il faisait la récolte du champ paternel. Faut-il prêter main forte au génie ? Il est prêt, et l'une de nos gravures vous le montre faisant tomber lestement un pont sur le Crould, dans le voisinage du Bourget. De conscrit, le voilà vieux troupier. Connaissant toutes les ruses du métier, les mobiles acquièrent « le pied marin », sans rien perdre de cette candeur native qui faisait sourire le Parisien à leur arrivée à Paris. […]


Le siège et la défense de Paris

Les dessins parus dans l'Illustration du 17 septembre 1870 au 25 mars 1871

 

Les dessins parus dans le Monde Illustré du 24 décembre 1870 au 25 mars 1871

 

L'affaire de Champigny

 

Lançon, sergent au 46e bataillon