Signature d'Auguste Lançon

Le siège et la défense de Paris

Auguste Lançon - Reconnaissance à Bagneux

Reconnaissance à Bagneux par les volontaires de Montrouge

Lançon : Une reconnaissance à Bagneux par les volontaires de Montrouge, le 30 décembre 1870
Le Monde illustré - 14 janvier 1871

Reconnaissance faite à Bagneux. — Un épisode rétrospectif du siège.

Les volontaires de Montrouge, partis depuis le commencement de décembre pour les avant-postes de Bagneux et de Cachan, n'avaient eu à combattre jusqu'aux derniers jours du mois que le froid. Il est vrai que c'est là un ennemi tout aussi redoutable que les Prussiens.

Établis à Cachan, dans la maison et le parc de Raspail, nos volontaires avaient devant eux, à la Grange-Ory, les Bavarois qui, de temps à autre, leur envoyaient quelques balles de fusils de rempart. Ils y répondaient de leur mieux avec leurs chassepots. Une distance de six à sept cents mètres les séparait.

Dans la nuit du 30 décembre, la compagnie étant de grand-garde entre la Grange-Ory et le parc d'artillerie, reçut l'ordre d'exécuter une reconnaissance sur le village de Bagneux, de fouiller toutes les maisons situées de notre côté et de les crèneler.

La terre était couverte de neige. Le commandant Delamarche ordonna à ses hommes de se couvrir avec leurs couvertures blanches afin que leur marche fût mieux dissimulée aux yeux de l'ennemi.

Nos volontaires de Montrouge avaient ainsi l'air d'Arabes enveloppés dans leur burnous.

Pour arriver au village, on se dissimula au milieu des carrières qui sont creusées en grand nombre dans le pays. On marcha avec les plus grandes précautions et on atteignit les premières maisons du village, qu'on fouilla de la cave au grenier sans trouver un seul Allemand.

Les volontaires s'attendaient à surprendre les sentinelles ennemies, quand, à cent cinquante mètres de l'église, les aboiements de chiens de haute taille dénoncèrent leur arrivée aux Prussiens. La fusillade ne se fit pas attendre ; les sentinelles qui se repliaient en entraînant leurs chiens dressés à la chasse du Français, déchargeaient leurs Dreysses sur les nôtres tout en regagnant le gros de leurs forces établies à l'autre extrémité du village.

Les volontaires restèrent à Bagneux une partie de la nuit à protéger les sapeurs qui crènelaient les murailles. L'ennemi, croyant sans doute à une attaque sérieuse, attendit sur le qui-vive et resta coi.

Le but de la reconnaissance étant atteint, on regagna Cachan, espérant que cette reconnaissance n'était que le prélude d'une affaire sérieuse.

Le jour de l'action n'est sans doute pas éloigné.

MAXIME VAUVERT.

Le bataillon des volontaires de Montrouge fut créé le 1er novembre 1870 par Paul Etienne Delamarche qui le dirigea avec le grade de commandant puis de lieutenant-colonel. Le peintre Henri Régnault et d'autres artistes habitant le 14e arrondissement s'engagèrent dans ce corps de francs-tireurs. Lançon devait donc connaitre des membres de ce bataillon qui fut très touché à la bataille de Buzenval.

Paul Etienne Delamarche fut fidèle au gouvernement légal et s'opposa à la Commune après le siège de Paris.


Le siège et la défense de Paris

Les dessins parus dans l'Illustration du 17 septembre 1870 au 25 mars 1871

 

Les dessins parus dans le Monde Illustré du 24 décembre 1870 au 25 mars 1871

 

L'affaire de Champigny

 

Lançon, sergent au 46e bataillon