Signature d'Auguste Lançon

Le siège et la défense de Paris

Auguste Lançon - Canons place des Vosges

La garde nationale met les canons en sureté place des Vosges

Les canons gardés place des Vosges
Les gardes nationaux gardant les canons amenés place des Vosges
Le Monde illustré, 11 mars 1871

La garde nationale met ses canons en sûreté à Montmartre et sur la place des Vosges

La veille du jour où les troupes du pieux Guillaume de Prusse devaient entrer dans Hanovre, la capitale du royaume que ce monarque-Augusta volait à son bien-aimé parent, le roi Georges, on afficha sur tous les murs, par ordre du premier magistrat de la cité, un avertissement aux Hanovriens les invitant à fermer le plus hermétiquement et le plus solidement possible tous les magasins, toutes les maisons.

L'invitation municipale était motivée. Les considérants de la proclamation ne parlaient ni du deuil de la patrie, ni d'affliction patriotique. C'était simplement un acte de haute prudence que le bourgmestre conseillait à ses administrés.

Cette affiche, désormais historique, peut se résumer en trois lignes :

Attendu que les Prussiens entrent demain dans la ville,

Attendu qu'il n'y a pas plus voleurs que les Prussiens, Invitons les Hanovriens à mettre tout sous clef.

Les déménageurs de pendules, frustrés dans la soif de pillage et ne pouvant l'assouvir en détail, se rattrapèrent en gros. Ils volèrent tout le royaume.

Les Parisiens, à qui était réservé, comme aux Hanovriens, le dégoûtant spectacle de voir les Prussiens entrer en vainqueurs dans la ville, n'ont pas eu besoin d'un avertissement de M. Jules Ferry pour se garer de la rapacité allemande.

Estimant à leur juste valeur la décente probité de ces bandits embrigadés, la garde nationale de Paris a mis hors de leur atteinte les canons du parc de Wagram, trop voisin des quartiers abandonnés à l'occupation germanique. Les soldats du roi Guillaume n'auraient eu qu'à étendre un peu la griffe, et on sait si la tentation est forte chez eux de s'approprier le bien d'autrui !

Dès qu'ils apprirent que les Prussiens devaient entrer dans Paris, nos soldats citoyens forcèrent la consigne, s'attelèrent bravement aux pièces et les amenèrent chaque bataillon dans son quartier respectif.

On forma des parcs d'artillerie à Montrouge, sur la place des Vosges, sur les hauteurs de Belleville et de Montmartre.

C'étaient tous canons de nouveau modèle et payés avec l'argent des souscriptions parisiennes.

Les laisser prendre aux Prussiens tout luisants-neufs et quand ils ne demandent qu'à travailler contre eux ?

Allons donc !

On les remisa du mieux qu'on put, on les abrita derrière des retranchements et des barricades, et on monta bravement la garde tout autour.

Chaque sentinelle tenait crânement son fusil serré, l'arme au bras, et ne quittait pas les pièces de l'œil.

À la moindre alerte elle relevait fièrement la tête et son air de défi semblait dire au roi de Prusse : Viens les prendre !

M. V.

Le siège et la défense de Paris

Les dessins parus dans l'Illustration du 17 septembre 1870 au 25 mars 1871

 

Les dessins parus dans le Monde Illustré du 24 décembre 1870 au 25 mars 1871

 

L'affaire de Champigny

 

Lançon, sergent au 46e bataillon