Signature d'Auguste Lançon

Lançon et les Salons

Auguste Lançon au salon de 1880

1880

Peintures

N° 2097 : La Guerre
Un coin de la bataille de Monzon (1870)

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Si M. Rénouf nous montre une veuve, M. Lançon nous apprend comment on les fait. Sa Bataille de Mouzon est une page poignante. C'est la vérité douloureuse racontée dans un austère, langage, avec la sombre énergie qui convient a de pareils sujets. M. Lançon est un mâle qui déteste les fadeurs, se soucie peu des faveurs, et auquel les jurys, toujours sévères aux indisciplinés, font expier la vigueur de son tempérament.

Le Siècle, 25 mai 1880

La peinture militaire

M. Lançon est resté fidèle aux sujets de la guerre. Son esprit erre encore au travers des épouvantables misères de l'année terrible. Le tableau qu'il expose rappelle l'une des batailles les plus meurtrières de la campagne du Rhin. Les Français avaient débusqué les Prussiens du village de Mouzon. Avant de les poursuivre plus avant, ils prirent soin de protéger leurs blessés et leurs morts contre les ardeurs du soleil en les plaçant sous une charrette aux rallonges de laquelle un cheval était resté attaché. Les Prussiens ayant repris l'offensive, forcèrent les Français à se replier dans le village en tirailleurs et à s'y défendre de maison en maison. C'est ce retour à Mouzon que le peintre a pris pour sujet de son tableau.

M. Lançon est un artiste de grande valeur et l'un de nos peintres d'animaux renommés. On a de lui des lions et des lionnes qui sont de riches morceaux. C'est un illustrateur militaire haut coté par les directeurs des publications à images. Le malheur veut qu'avec toutes ces précieuses qualités il ne soit qu'un peintre médiocre. Sa Guerre est d'un dessin correct et d'un bon arrangement, mais d'une couleur fâcheuse qui la dépare. Elle mérite cependant d'être louée en quelques-unes de ses parties.

Gustave Goetschy

Nouvelles du salon : Le peintre Lançon exposera celle année deux tableaux.

L’un (n°2097), intitulé : la Guerre, représente un coin de la bataille de Monzon (1870). C’est une place sur laquelle donne le soleil ; on s’est déjà battu ; des blessés, pansés à la hâte, ont été déposés à l’ombre, sous une charrette de vivandier dételée. Derrière la charrette, un cheval est attaché. Un cuirassier qui gît, la jambe cassée, se soulève sur les mains, pour regarder le combat qui recommence. Les lignards battent en retraite, dans le fond de la place, en tirant ceux-ci par une ruelle, ceux-là par une porte de jardin.

Ce tableau — dont tous les morceaux ont été faits sur nature — est puissant, poignant, et d’une rare intensité d’émotion. C'est la guerre, — la guerre vraie dans toute son horreur tragique.

L’autre toile (n°2098) représente, dans un paysage rocheux d’un grand caractère, une lionne, groupée avec ses petits, l'attitude fière, le train droit, l'arrière-train étalé de façon à donner à téter à ses lionceaux.

Le Mot d’ordre, 15 mars 1880

N° 2098 : Les Lions

Lançon : Les Lions (Salon de 1880)
Reproduction parue dans le catalogue illustré du Salon de 1880

La peinture d’animaux

Indépendamment d'une fort belle toile militaire, dont nous n'avons malheureusement pas à nous occuper ici, M. Aug. Lançon expose Les lions. Une magnifique lionne, entourée de ses lionceaux qui jouent, dort d'un œil seulement au milieu d'une prairie, tandis que plus loin son mâle, le roi du désert, dort également couché dans l'herbe. M. Lançon est le seul parmi les animaliers, qui ait envoyé des fauves au Salon de 1880. Nous ne croyons pas qu'aucun artiste ancien ou moderne ait jamais créé des animaux plus vivants. Le lion, la lionne et les lionceaux de M. Lançon sont absolument superbes dans l'acception complète du mot. L'artiste qui a exposé cette toile est un maître coloriste. Toutes les nuances se fondent entre elles pour arriver à un crescendo d'un effet très puissant. La toile est couverte d'une pâte solide et vigoureuse qui réjouit l'œil. C'est largement peint, c'est brossé avec une ampleur à laquelle nous ne sommes guère habitués. Telle qu'elle est, l'œuvre de cet artiste est l'une des meilleures du Salon, et pourtant, nous gagerions beaucoup que les récompenses iront atteindre des peintres d'animaux en carton-pâte ayant trempé leur pinceau dans des couleurs parfumées à la verveine, pour la plus grande joie de la majorité des visiteurs du Salon...

Henri Demesse


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