Signature d'Auguste Lançon

Lançon et les prisonniers de la Commune

 Auguste Lançon - L'Orangerie

Les prisonniers de la Commune à Versailles

Auguste Lançon : Les prisonniers de la Commune - L'Orangerie

La question des prisonniers de la Commune marche évidemment d'un pas rapide vers une solution définitive et prochaine.

Il a été prononcé, en effet, sur la plupart des graves affaires auxquelles a donné lieu l'insurrection du 18 mars. Les membres de la Commune ont été jugés ainsi que les journalistes, les pétroleuses, ceux qui ont fusillé les généraux Clément Thomas et Lecomte, le rédacteur du Siècle, Chaudey et les otages de la préfecture de police. Dernièrement encore, le 6° conseil de guerre, siégeant à Versailles, rendait son arrêt dans l'affaire de l'assassinat des otages enfermés à la Roquette. Quand il aura été statué sur une ou deux autres affaires, qui vont être évoquées au premier jour, ce sera tout. Les grands coupables, ceux du moins sur lesquels la justice a pu mettre la main, auront été frappés, et il ne restera plus dans les prisons ou sur les pontons que le troupeau plus ou moins conscient des partisans de la Commune, qui n‘ont pris part à l'insurrection et à la guerre civile qui en a été la suite, que par contrainte, ignorance ou misère. Rien, dès lors, n’est donc moins étonnant que l'augmentation toujours crois saute du nombre des mises en liberté de ces malheureux, qui ont été certainement suffisamment punis par une captivité préventive de plus de huit mois.

P. P.
L'Illustration, 27 janvier 1872