Signature d'Auguste Lançon

Lançon et les prisonniers de la Commune

 Auguste Lançon - la cave des grandes écuries

Les prisonniers de la Commune à Versailles

Auguste Lançon : Les prisonniers de la Commune à Versailles, la cave des grandes écuries (1872)

Nous avons publié déjà une série de dessins sur les prisonniers de la Commune.

Prisonniers dans les forts, sur les pontons, dans les prisons de Versailles, et notamment aux chantiers. Voici aujourd'hui une vue de la prison établie en la même ville, dans les caves des-Grandes Écuries, car on en a établi un peu partout. Le nombre des prisonniers, toujours grandissant depuis les premiers jours d'avril, avait forcé le Gouvernement de les multiplier, et l'installation de plusieurs d'entre elles a dû naturellement s'en ressentir.

Heureusement que nous en sommes à l'épilogue de ce drame de deux mois, et que cet épilogue même touche à sa fin.

Plusieurs membres de la gauche ont déposé, on le sait, sur le bureau de l'Assemblée nationale, une proposition d'amnistie qui a été prise en considération par la commission devant laquelle elle avait été renvoyée. Amnistie partielle, devant rendre immédiatement à la liberté tous les prisonniers n'ayant exercé aucun commandement sous la Commune et n'étant poursuivis pour aucun crime ou délit de droit commun, ni un fait spécialement désigné dans l'insurrection. D'après les derniers renseignements qui nous parviennent, ce projet d'amnistie deviendrait inutile, grâce aux mesures nouvelles récemment prises par les commissions militaires chargées d'examiner les dossiers des insurgés prisonniers, mesures qui arrivent au même résultat que le projet de la gauche.

En effet, les prisonniers ont été divisés, par les commissions, en trois catégories. En premier lieu, comme dans le projet, les individus qui n'étaient revêtus d'aucun grade et ne sont accusés d'aucun crime ou délit de droit commun, sont remis successivement en liberté. De même pour les sous-officiers se trouvant dans les mêmes conditions, avec cette différence toutefois qu'ils sont placés sous la surveillance de la police. – Enfin les officiers, ainsi que les prisonniers retenus pour crime ou délit de droit commun, sont envoyés devant les conseils de guerre.

Tout porte donc à croire, dès à présent, que, dans deux ou trois mois au plus tard, l'œuvre des commissions militaires et des conseils de guerre sera complètement terminée.

P. P.
L’Illustration, 20 janvier 1872