Signature d'Auguste Lançon

Lançon politique

Auguste Lançon - Elections 1884 - appel aux électeurs

Élections municipales 1884

Après le premier tour, il ne reste plus que deux candidats ayant des chances de l'emporter : Hubbard et Lançon. Jamais Lançon n'a été aussi près de gagner une élection. Les soutiens du candidat Hubbard mènent campagne contre l'artiste.

Le Siècle, 7 mai 1884

14e arrondissement (quartier Montparnasse.) — M. Ponthier, conseiller d'arrondissement, autonomiste, se désiste en faveur de M. Lançon, autonomiste, qui a obtenu plus de voix que lui au premier tour. La lutte reste donc entre M. Gustave Hubbard, républicain progressiste, et M. Lançon. M. Hubbard a obtenu, au premier tour, 950 voix. Les voix réunies de MM. Lançon et Ponthier montent au chiffre de 1,632.


Le XIXe siècle, 10 mai 1884

Quartier Montparnasse. — M. Habay, candidat du parti ouvrier, se retire de la lutte, en priant ses 199 électeurs « de rester fidèles au drapeau du travail que la Fédération des groupes vient d'arborer dans le quatorzième arrondissement ».

Disons également qu'un groupe d'électeurs de ce quartier nous écrit pour nous dire que le désistement de M. Pouthier en faveur de M. Lançon, autonomiste, n'assure nullement le succès de ce dernier. Voici la raison sur laquelle ils appuient leur assertion :

« Il est vrai que M. Pouthier réclamait l'autonomie communale dans son programme ; mais ce n'était là pour lui, comme pour la plupart de ses électeurs, qu'une question secondaire. Il se donnait avant tout comme candidat local, ainsi que l'indiquent les bandes apposées sur les murs.

» Le candidat local disparaissant, les voix qu'il avait obtenues sont presque toutes acquises à M. Hubbard qui, de même que M. Pouthier, se portait comme candidat républicain radical et ennemi des intransigeants socialistes, dont M. Lançon quémandait les suffrages.

» Si M. Pouthier s'est désisté en faveur de M. Lançon, c'est pour des considérations purement personnelles, dans lesquelles les électeurs ne sont pas disposés à entrer. »


Le Siècle, 10 mai 1884

14° arrondissement (quartier Montparnasse). — Le comité qui soutient la candidature de M. Hubbard adresse aux électeurs une énergique circulaire dans laquelle il rappelle que le citoyen Hubbard a obtenu, au premier tour, la majorité relative avec 950 suffrages. Il ne reste plus à présent que deux candidats en présence : MM. Hubbard, autonomiste, et M. Lançon, autonomiste incohérent qui veut à la fois « l'impôt sur le revenu et sur le capital » Voter pour le citoyen Hubbard, dit la circulaire, c'est voter pour la véritable liberté municipale contre ceux qui voudraient faire marcher Paris du fond de leur mairie centrale. » Les auteurs de la circulaire répondent ensuite aux faux bruits mis en circulation par des adversaires peu scrupuleux :

Appel aux électeurs

Électeurs,

En dépit des manœuvres de la dernière heure et des proclamations perfides et fausses dirigées contre notre candidat, le citoyen Hubbard a obtenu la majorité relative avec 950 suffrages.

Il ne reste plus en présence que deux candidats :

D’un côté, le socialiste autonomiste intransigeant Lançon, qui veut à la fois l’impôt sur le revenu et sur le capital, qui vous fait des déclarations de candidat-député et qui laisse dans l’ombre les questions d’affaires pour lesquelles il est sans compétence, qui veut, sous le nom de maire, un véritable roi de Paris, maître de la force armée, et enlevant toute indépendance aux municipalités d’arrondissement.

Voter pour Lançon, ce serait voter contre les véritables franchises municipales locales au profit de l’autorité toute-puissante de ce maire central ;

De l’autre côté, le citoyen Hubbard, qui veut l’organisation, dans les arrondissements, de municipalités véritables soumises au régime du droit commun et non pas imposées par la mairie centrale ; qui veut que le président du Conseil municipal ne soit qu'un syndic métropolitain représentant la cité dans son ensemble ; qui, seul parmi tous les candidats, a dressé un programme véritablement local et d’intérêt pratique, dont les termes précis sont connus de tous.

Voter pour le citoyen Hubbard, c’est voter pour la véritable liberté municipale contre ceux qui voudraient faire marcher Paris du fond de leur mairie centrale.

Citoyens électeurs,

On vous a dit que Hubbard avait été chef du cabinet du ministre de la guerre.

Cela n’est pas vrai.

On vous a dit qu’il avait contribué à nommer le général de Miribel.

Cela n’est pas vrai.

Hubbard a été chef du cabinet du citoyen député Blandin, sous-secrétaire d’État civil à la guerre ; il avait dans ses attributions la surveillance et le contrôle des dépenses militaires, de la question financière et administrative ; il représentait au ministère de la guerre l’élément civil et républicain, le contrôle au profit des contribuables.

Voilà la vérité, voilà ce qu’il a déclaré dans les réunions publiques, pas autre chose.

Électeurs,

Vous jugerez de quel côté sont la bonne foi, la dignité, l’intelligence, la capacité et la connaissance des affaires administratives.

Vous voterez pour Hubbard, le républicain radical, contre Lançon, le socialiste autonomiste intransigeant.

Vive la République !

Suivent les signatures
du comité républicain radical.


L’Intransigeant, 10 mai 1884

Quartier Montparnasse

Avant-hier a eu Lieu, au préau des écoles du boulevard Arago, une importante réunion publique, dans le but d’examiner la situation électorale du quartier Montparnasse.

Après la constitution du bureau, le citoyen Pouthier vient déclarer qu’il se désiste en faveur du citoyen Lançon, candidat autonomiste. « il faut faire échouer à tout prix, dit-il, la candidature officielle et opportuniste du citoyen Hubbard. »

Ses déclarations sont couvertes d’applaudissements.

Le citoyen Hubbard sentant le coup mortel que le désistement du citoyen Pouthier porte à sa candidature, essaye d’expliquer que ce désistement n’a pas de raison d’être, maïs il est bien obligé, en fin de compte, de s’incliner devant les faits.

Le citoyen Lançon explique ensuite ses idées, et développe son programme autonomiste. Il le fait en termes nets et précis, et il répond aux questions qui lui sont posées avec une franchise goûtée et applaudie.

Le citoyen Hubbart revient à la tribune et se perd dans de longs et vagues aperçus qui fatiguent l’auditoire.

Ce qu’il y a de plus clair dans son discours embrouillé, c’est qu’il ne veut ni du mandat impératif, ni d'un maire élu de Paris.

Plusieurs citoyens, attaquent fortement la politique représentée par le citoyen Hubbard.

À onze heures, le citoyen Thorel, président de la réunion, lève la séance ; et tout le monde se retire sans incident.

Le succès de la candidature du citoyen Lançon est assuré.