Signature d'Auguste Lançon

Les bas-fonds parisiens, l'envers de Paris

 Auguste Lançon : Le petit Mazas

Le petit Mazas

 

Auguste Lançon : Le petit Mazas
Le petit-Mazas

Nous donnons aujourd'hui un nouveau dessin de M. A. Lançon, continuant la curieuse série de ces tableaux d'un réalisme si saisissant : les Bas-fonds de Paris, qui obtiennent en ce moment un véritable succès.

C'est un cabaret de chiffonniers : le Petit Mazas, un antre ouvert dans un village voisin de Paris, Levallois-Perret, à ce monde des Misérables qu'a chantés Victor Hugo, et qu’Eugène Sue a peints à grands traits de sa plume vigoureuse.

Qui ne se rappelle, dans les Mystères de Paris, le cabaret de l'Ogresse, avec son étonnante et redoutable clientèle ?

Eh bien ! le Petit Mazas, ce n'est pas précisément cela, mais c'est quelque chose comme cela. Si ce n'est pas le crime, c'est la misère dans ce qu'elle a de plus hideux, la misère qui s'abandonne et, faute de courage, demande à l'ivresse la consolation et l'oubli.

Pénétrez dans ce cabaret, si vous pouvez.

Les murs sont nus, maculés, et suintent l'humidité. Une lourde atmosphère y règne, imprégnée des acres émanations du vin bleu, du trois-six et du tabac, auxquelles se mêle cette odeur particulière et nauséabonde de la guenille qui a traîné dans tous les ruisseaux. Tables bancales et grasses, bancs estropiés ; par-ci, par-là, des hottes pleines de choses sans nom, des bouteilles et des verres partout, et autour des tables... Mais ne parlons pas des habitués. Ils sont dignes du lieu. Un peu plus, j'aurais dit qu'ils le déparent... C. P.

L’Illustration, 18 novembre 1871