Signature d'Auguste Lançon

La Commune de Paris

Auguste Lançon - Fort de Vanves

Les batteries du fort de Vanves dans la nuit du 5 mai.

Les batteries du fort de Vanves dans la nuit du 5 mai.
Le Monde Illustré, 13 mai 1871

On lit dans le Journal officiel de Versailles du 7 mai : Le gouvernement adresse à toutes les autorités civiles et militaires la dépêche suivante, qui doit être affiché dans toutes les communes :

« Versailles, 6 mai 1871, 6 h. 1/2 soir.

« Ceux qui suivent les opérations que notre armée exécute avec un dévouement admirable pour sa ver l'ordre social, si gravement menacé par l'insurrection parisienne, ont compris qu'il s'agissait d'annuler le fort d'Issy, en éteignant ses feux et en coupant ses communications tant avec le fort de Vanves qu'avec l'enceinte.

« Ces opérations touchent à leur terme, malgré l'obstacle qu'elles rencontrent dans les batteries du fort de Vanves. En ce moment, nos troupes travaillent à la tranchée qui doit séparer le fort d'Issy de celui de Vanves. La ligne du chemin de fer que traverse un passage voûté est la ligne qu'on se dispute depuis trois jours.

« Cette nuit, 240 marins et deux compagnies du 17e bataillon de chasseurs à pied, conduits par le général Paturel, se sont résolument élancés sur le chemin de fer et sur le passage voûté. Les marins, accueillis par Un feu très-vif, ont été vaillamment soutenus par les deux compagnies du 17e, et la ligne du chemin de fer ainsi que le passage voûté sont restés en notre pouvoir.

« Cependant la garnison de Vanves, cherchant en ce moment à prendre nos soldats à revers, était prête à sortir de ses positions, lorsque le colonel Vilmette s'est jeté sur elle, à la tête du 2e régiment provisoire, a enlevé les tranchées des insurgés, a pris b redam où ils se logeaient, en a tué et pris un grand nombre, et a terminé ce brillant engagement par un coup de main décisif.

« On a tourné aussitôt le redan contre l'ennemi, et on y a pris quantité d'armes, de munitions, de sacs, de vivras abandonnés par la garnison de Vanves, et le drapeau du 119e bataillon insurgé.

« Comme on le voit, pas un jour n'est perdu ; chaque heure nous approche du moment où l'attaque principale terminera les anxiétés de Paris et de la France tout entière.

« Nous avons eu divers officiers distingués mis hors de combat dans ces opérations. Le colonel Laperche, le lieutenant Parot et le jeune de Broglie, ont été gravement mais non dangereusement blessés, On espère qu'ils seront bientôt remis »

Le Monde Illustré
13 mai 1871