Signature d'Auguste Lançon

La Commune de Paris

Auguste Lançon - La guerre civile

Les engagements sous Paris (avril 1871)

Les engagements sous Paris (avril 1871)
Le Monde Illustré, 22 avril 1871"

La journée d'hier a été signalée par deux combats importants qui ont eu lieu à l'ouest de Paris, à Neuilly et à Asnières.

Dans la lutte engagée à Neuilly le combat a été acharné ; dès le matin l'avenue du Roule était presque entre les mains des troupes qui tentaient de déborder les fédérés et de gagner les Ternes ; mais ceux-ci revinrent à la charge, et les troupes reculèrent pas à pas, si bien que la grande barricade de l'avenue du Roule fut réoccupée dans le courant de la journée par les gardes fédérés.

Ils s'y installèrent de nouveau et tentèrent de désister à de nouvelles attaques. Mais devant la retraite des troupes ils s'enhardirent et voulurent les poursuivre ; c'est alors que les troupes régulières firent un rapide mouvement en avant.

Les fédérés surpris lâchèrent pied, abandonnant toutes les positions qu'ils avaient réoccupées dans la journée. Ils auraient perdu, dit-on, beaucoup de monde dans cette retraite précipitée.

« Mais le combat le plus important s'est livré à Asnières, dont les troupes tenaient à s'emparer, pour refouler les fédérés sur la rive droite de la Seine. Il semble que ce résultat a été complétement obtenu.

« Si nous en croyons le Rappel et le Mot d'ordre, qui ne peuvent être suspects, les pertes des fédérés auraient été sérieuses ; les bataillons portant les nos 228, 32, 454 et 158, de Montmartre, ont été engagés et ont particulièrement souffert. Les gardes nationaux ont eu beaucoup de peine à regagner la rive droite de la Seine ; on assure que plusieurs d'entre eux sont tombés à l'eau ; la Compagnie de Seine-et-Oise, au service de l'Hôtel-de-Ville, aurait été en partie faite prisonnière ; un certain nombre d'hommes des bataillons fédérés auraient été également pris.

« Le rôle des wagons blindés a été presque nul ; l'un d'eux a déraillé et a été pris par les troupes.

« L'imprimerie Paul Dupont a été criblée de projectiles.

« Dans la soirée, les fédérés étaient massés sur la rive droite dans les rues de Clichy-la-Garenne. »

Le Monde Illustré reproduisant le Moniteur universel