Signature d'Auguste Lançon

Auguste Lançon devant le Conseil de guerre

Auguste Lançon devant le Conseil de guerre - l'audience

L'audience du 22 novembre 1871

Conseil de guerre

4e Conseil de guerre
Présidence de M. le lieutenant-colonel Jobey

Audience du 21 novembre

Contrairement à ce qu'écrit Le Gaulois, les ex-officers du 46e bataillon fédéré ont comparu devant le 3e conseil de guerre qui était également en charge de l'instruction de l'affaire et l'audience a eu lieu le 22 novembre.
Par ailleurs, ce n'était Hédé mais Hidé.
Tout le reste est exact.

Six ex-officiers du 14e arrondissement prennent place sur les bancs des accusés. Ce sont les nommés :

[Jacques] Paysan, limonadier, qui n'avait jamais fait partie de la garde nationale et qui a, sous la commune, accepté le commandement du 46e bataillon fédéré. Il prétend que c'est pour maintenir l'ordre et empêcher des hommes de tourner dans la mauvaise voie.

[Louis François Victor] Pannelier, photographe dont les antécédents sont irréprochables. Ancien soldat, le général Douay donne les meilleurs renseignements sur les services que l'accusé a rendu pendant la campagne du Mexique. Sous-lieutenant du 137e de marche, il a fait la campagne de Paris contre les Prussiens. Nommé adjudant-major du 46e bataillon, Pannelier a été envoyé en parlementaire le 22 mai près d'un détachement du 91e de ligne auquel il fit, au nom de son commandant, la soumission de ses forces.

[Auguste] Lançon, dessinateur de l'Illustration, artiste de mérite, faisait partie des Ambulances de la presse ; il a été fait prisonnier à Pont-à-Mousson et conduit en Allemagne. Rendu la liberté, il a combattu comme simple garde pendant le premier siège. Nommé capitaine du 46e bataillon sous la Commune, son arrondissement lui a donné un certificat collectif constatant que pendant l'insurrection, il a tenu une conduite à son avantage.

[Joseph] Franzinetti, imprimeur, ancien zouave, muni d'un certificat de bonne conduite, simple garde pendant le siège a été nommé lieutenant sous la Commune.

Alexandre Hédé, père de trois enfants, a fait les campagnes de la Baltique, de Crimée et d’Italie. Simple garde après le 4 septembre, il a été élu lieutenant après le 18 Mars.

{Gustave] Malherme, lieutenant depuis le 13 novembre, a continué ses fonctions pendant l’insurrection, à la condition de ne pas marcher contre les troupes régulières.

Un grand nombre de témoin viennent déposer en faveur des accusés.

M. le capitaine Joly soutient l’accusation avec une remarquable modération. Tout en priant le conseil de tenir compte aux prévenus de leurs bonnes intentions et de leur conduite, il n’en retient pas moins avec fermeté les chefs d’usurpation de fonctions et de port illégal d'insignes militaires.

Me Lachaud, en plaidant pour Paysan et Pannelier, parle pour le 46e bataillon tout entier, qui a préservé l’arrondissement des perquisitions, du pillage et des désastres.

Me Decori présente la défense de Lançon et de Franzinetti et Me Moussoir plaide pour Hédé et Malherme.

Après une assez longue délibération le conseil acquitte l'ex-commandant Paysan.

Reconnus coupables de s'être immiscé sans titres dans des fonctions publiques, Pannelier et Lançon sont condamnés à quinze jours de prison, Franzinneti a deux mois, Hédé, à un mois et Malherme à trois mois de la même peine.

Le Gaulois, 24 novembre 1871