Signature d'Auguste Lançon

Auguste Lançon devant le Conseil de guerre

Auguste Lançon - Lettre de Mme Lançon, mère (15 juillet 1871)

Lettre de Mme Lançon, mère (15 juillet 1871)

Par une lettre datée du 15 juilllet 1871 écrite par un ou une proche, la mère d'Auguste Lançon trnsmettait à un prêtre de l'église de Saint-Claude, un certificat de la mairie de Saint-Claude attestant de bonnes vie et moeurs de l'artiste afin que celui-ci fut transmis à l'autorité militaire en charge du dossier de Lançon.

Là encore, on insiste sur la distance entre Lançon et la Commune.

La lettre et le certificat furent transmis au clergé de Versailles qui les transmirent à l'autorité militaire.

La démarche de Mme Lnçon aboutit donc puisque lettre et certificat  figurent au dossier de Lançon devant le Conseil de guerre.

 

Saint-Claude, le 15 juillet 1871

Monsieur l’abbé,

Si Mme Roy ou Mlle Caroline se trouvaient aujourd’hui à Saint-Claude ou si le temps nous permettait de recourir à elles, cette lettre serait d’une écriture à vous moins inconnue et plus chère. En leur absence, permettez à une mère de famille de votre ville natale, comme vous appartenant à la famille Roy des Montagnon(?), de venir réclamer en faveur de son fils unique, votre intervention si puissante auprès de Monseigneur Mabille.

Comme beaucoup d’autres à Saint-Claude, elle n’a pu oublier avec quel empressement et quelle efficacité la Charité de sa Grandeur vint en aide à tous ceux qui sont dans la peine.

Mon fils, Auguste Lançon, peintre à Paris est actuellement, par suite d’une erreur évidente, détenu à Satory, parmi les prévenus de complicité avec les abominables fauteurs de la Commune.

Après avoir combattu pour la défense des murs de la Capitale contre les Prussiens, il est resté à Paris, et, comme capitaine au 46e bataillon de la garde nationale, il a toujours autant qu’il a pu, servi non sans courir de graves dangers la cause de l’ordre contre les communeux. Pris enfin, parait-il, avec les siens par deux bataillons fédérés et forcé de marcher entre eux, il est ainsi tombé entre les mains des troupes de Versailles, qui n’ont pu distinguer alors leurs partisans de leurs ennemis.

M. Ponscarme de l’Institut ira sans doute exposer lui-même à sa grandeur les faits que nous venons de rapporter.

Avec mon mari, je voudrais, Monsieur l’abbé, qu’il fut possible à Monseigneur de présenter aux juges le certificat ci-joint, de les prévenir en faveur d’Auguste et d’en obtenir le plus prompt examen possible de son affaire. Le retour de ce cher enfant parmi nous réussirait peut-être à enrayer chez son père une maladie bien sérieuse, effet, semble-t-il, des inquiétudes que, depuis bientôt un an, il n’a cessé d’avoir au sujet de son fils. Il me rendrait à moi un soutien bien précieux et bien nécessaire dans les moments pénibles qui étaient encore réservés à la vieillesse.

Cette bonne œuvre, l’une des moindres parmi celles sans nombre que Monseigneur ne cesse de faite et d’oublier tous les jours, serait pour nous la plus grande dont nous n’aurions jamais été l’objet ; nous ne saurions pas plus oublier les bienfaiteurs que nous ne saurions oublier notre fils et nos sentiments seraient aussi ceux d’Auguste.

Veuillez, Monsieur l’abbé, avec mes remerciements anticipés, agréer et faire agréer de Monseigneur, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

Lacroix, femme Lançon, ébéniste
Sur Saint-Romain - Saint-Claude

(texte établi d'après le document conservé par le Service Historique de la Défense)

Auguste Lançon : Certificat de la mairie de la ville de Saint-Claude
Document conservé par le Service Historique de la Défense