Signature d'Auguste Lançon

Lançon l'animalier

 Auguste Lançon - Lions et lionnes d'Algérie

Les nouvelles acquisitions du Jardin des Plantes

Lions et lionnes d'Algérie

Lions et lionnes d'Algérie
L'Illustration, 18 mai 1872

Les nouvelles acquisitions du Jardin des Plantes

Lions et lionnes d'Algérie

L'administration du Jardin des Plantes ne s'endort pas. M. Milne-Edwards a hâte, on le voit, de combler les vides que le malheur des temps avait faits parmi les pensionnaires de la ménagerie, où vient d'arriver toute une cargaison d'animaux : trois chauves-souris roussettes, chiroptères géants qui ne mesurent pas moins de 80 centimètres d'envergure ; une jolie petite civette ; trois singes, dont un gibbon, un mandrille et un cercopithèque ; un très beau dromadaire africain, un ours blanc, plus deux lions et deux lionnes.

Ce sont ces quatre derniers animaux que notre collaborateur A. Lançon dessinés au moment de leur arrivée. Ils ont été achetés à la ménagerie d'Édimbourg. Ce sont des lions d'Afrique : les mâles à tous crins. Le plus grand a dix ans ; il a une apparence superbe, et est d'une humeur très douce. L'autre n'a que quatre ans et promet d'être ce qu'est son compagnon : très beau et très fort. Quant aux lionnes, elles sont encore plus jeunes, n'ayant l'une et l'autre que trois ans.

Ces animaux n'ont pas fait trop de façons pour entrer dans les cages qui leur étaient réservées. Mais l'isolement ne paraît pas être beaucoup de leur goût. Toute la journée ils ne font que bâiller, se plaindre ou gronder. Pour les calmer, il suffit de lever le volet qui masque la grille placée dans le pan de muraille qui les sépare. À peine se sont-ils entr'aperçus qu'ils se taisent aussitôt, se rapprochent et viennent se coucher tout près l'un de l'autre contre les barreaux. À ce propos, pourquoi séparer ainsi ces pauvres bêtes ? Ne serait-ce pas à cet isolement que serait due la mortalité qui, chez nous, sévit sur elles si particulièrement ?

C. P.