Signature d'Auguste Lançon

Chronologie (en construction)

1836

16 décembre : Naissance d'Auguste (son seul prénom à l'état-civil) Lançon à Saint-Claude, 3 rue du Collège, à 11 heures du matin, dans le Haut-Jura de Pierre Siméon Lançon, 29 ans menuisier et de Françoise Amélie Lacroix son épouse âgée de 31 ans, sans profession.

Auguste a été précédé par une fille Aimée âgée de 5 ans lors de sa naissance qui décèdera en 1845.

1852

Apprentissage à l'imprimerie lithographique Robert, de Lons-le-Saunier

1853

Octobre : Départ pour Lyon. Lançon prend part au concours d'entrée à l'École impériale des beaux-arts de Lyon et s'y fit facilement recevoir.

1854

Lithographie Vue de Saint-Claude

1856

Lançon échappe au service militaire ayant tiré un bon numéro.

Premiers essais de peinture, Lançon suit les cours de M. Bonnefond. Dans la classe "Peinture de la figure" où le sujet du concours était une figure et une demi figure peintes d'après nature, Lançon remporte le deuxième prix, médaille d'or. La remise des prix a lieu le 2 septembre.

1857

Lançon quitte Lyon pour Paris.

1858

Admis à l'École des beaux-arts en avril, entre à l'atelier du peintre néoclassique François-Edouard Picot (1786-1868).

1859/1860

Lançon annonce à ses parents qu'il ne fréquente plus les écoles, et qu'il leur préfère le Louvre (« Ma peinture marche et je suis content », annonçait-il à Saint-Claude, le 31 décembre 1859).

1860

Lançon s'installe dans le 14e arrondissement de Paris, 3 rue Campagne-Première à deux pas du boulevard de Montparnasse. Il y restera plus de douze ans.

1er juillet : Lançon débute au Temps, illustrateur universel.

16 novembre : première apparition d’un dessin de Lançon dans l’Illustration

L'Illustration - 16 nov. 1860

1867

Lançon collabore à l'Exposition Universelle Illustrée et fournit de nombreux dessins sous la signature "A. Lanson".

L'exposition universelle de 1867 illustrée, page 333
L'exposition universelle de 1867 illustrée

Lançon illustre « Les grandes chasses » de Victor Meunier publié dans la Bibliothèque des Merveilles (éditions Hachette).

Lançon Lutte entre le caïman et le cougouar

1868

« Tigre buvant » est présenté au Salon de Paris.

1869

22 mai : Le Monde Illustré publie "Distribution quotidienne de soupe aux indigents par les capucins de la maison de la rue de la Santé" qui deviendra un thème récurrent pour Lançon.

Lançon : Distribution quotidienne de soupe aux indigents 
			par les capucins de la maison de la rue de la Santé
Distribution quotidienne de soupe aux indigents par les capucins de la maison de la rue de la Santé
Le Monde Illustré,22 mai 1869

Lançon illustre « Caporal, le chien du régiment » de P. J. Stalh (26 dessins).

1870

Juillet : Lançon est l'envoyé spécial de L'Illustration auprès de l'armée du Rhin et revient à Paris début août.

11 Aout : Lançon repart vers le front en tant que dessinateur de l'Illustration attaché à l'ambulance de la Presse, seconde ambulance de la société internationale de la Croix-Rouge.

Cette ambulance est faite prisonnière par les Prussiens dès le 13 août qui l'expédie en Allemagne d'où elle est renvoyée vers la Belgique. Elle en rentrera en France que le 19 août.

Départ de l'ambulance de la Presse
Départ de l'ambulance de la Presse, le 11 aout 1870
Dessin publié dans l'Illustration du 13 août 1870

Lançon sera au plus près des combats entre les 25 aout et 2 septembre 1870. Il circule entre Bazeilles, Mouzon, Sedan... Le 3, il regagne Paris en compagnie de Charles Habeneck en passant par la Belgique.

17 septembre : L'Illustration publie les premiers dessins de Lançon consacrés à la bataille de Mouzon et au village de Bazeilles.

Lançon : effet d'un boulet de canon
L'Illustration, 17 septembre 1870

Octobre : Lançon est incorporé au 46e bataillon de la garde nationale. Il a le grade de sergent.

Lançon : Rempart du Sud
L'Illustration

1871

18 mars : Proclamation de la Commune de Paris.

Le 46e bataillon de la garde nationale devient le 46e bataillon fédéré. Lançon est élu capitaine de la 2e compagnie.

Le service au 46e bataillon consistait à monter la garde dans les différents postes du quartier. Un certificat collectif pour tout le bataillon indique la conduite toute à son avantage qu’il a tenu pendant le temps qu’a duré l’insurrection, se refusant constamment de sortir de Paris lorsque l’ordre lui en été donné. Le 46e bataillon reçut le surnom de « bataillon réactionnaire ».

Le service de Lançon, à ses dires, ne l'occupait qu'une fois par semaine et, de ce fait, il n'a pas cessé de continuer ses travaux de dessinateur dans les bureaux du Monde illustré et de l’Illustration.

Avril : Lançon est élu à la commission fédérale des artistes de Paris le 17 avril au titre des peintres.

Mai : Lançon s’implique dans l’affaire des « Cadavres de l’Église Saint-Laurent » montée par la Commune contre l’Église et reprise par Jules Vallès et le Cri du Peuple dans son numéro daté du 10 mai, en livrant un dessin « d’après nature » qui sera vendu en tiré à part au prix de 10 centimes.

Auguste Lançon : Les cadavres découverts dans les souterrains de l’église Saint-Laurent (détail)
Les cadavres découverts dans les souterrains de l’église Saint-Laurent (détail) - Auguste Lançon
Rouge frères, Dunon et Fresné , Imprimeur
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

21 mai : Le 46e bataillon est conduit de force à la barrière de Passy par d'autres bataillons fédérés dans le but de l'impliquer dans une sortie contre les troupes du gouvernement régulier (et si possible de l'y voir massacré). Il prend ses quartiers dans la maison Cail, 11 rue de la Tour à Passy. Dès l'entrée des troupes régulières dans Paris vers lesquelles il a délégué des émissaires, il se rend. Comme tous les membres du bataillon, Lançon est fait prisonnier et est conduit à Versailles où il restera 6 mois.

Juin - juillet - aout : L'Illustration et Le Monde Illustré multiplient les interventions auprès de l'autorité militaire pour faire libérer Lançon le présentant comme ayant été éloigné des idées de la Commune. L'Illustration publie, pendant sa détention,  de nombreux dessins de Lançon antérieurs à 1870.

21 novembre : Lançon comparait devant le 3e conseil de guerre présidé par le lieutenant-colonel Jobey. Il est condamné à 15 jours d’emprisonnement pour "s'être immiscé sans titre dans des fonctions publiques militaires avec circonstances atténuantes", les faits étant caractérisés par la perception de la solde afférente au grade de capitaine. (Lire : Le Gaulois, 24 novembre 1871)

1872

Janvier : Lançon est dans le Jura. Il produit de nombreux dessins de son département qui seront publiés par l'Illustration pour eux-mêmes ou en illustration d'articles.

Parution de L’Homme et la Bête d’Arthur Mangin illustrée de nombreuses gravures sur bois de Lançon réalisées début 1870 selon Bernard Prost.

  

1873

Mars : Lançon présente le tableau L'Enterrement à Champigny pour le Salon. Celui-ci sera refusé et sera exposé à l'Exposition des Refusés.

Un second tableau représentant un dragon recouvert du grand manteau blanc, placé en vedette le long d’un mur, à l’entrée d’un village, est, d'après Le Gaulois, également refusé.

L'enterrement à Champigny © Musées d'Angers
Image modifiée numériquement pour une meilleure lisibilité, l'image réelle étant beaucoup plus sombre

L'artiste présente en même temps 17 eaux-fortes destinées à la Troisième Invasion que prépare Eugène Véron. Cela lui vaudra une médaille de 2e classe qu'il recevra en novembre.

1874

Lançon présente au salon de 1874 « Morts en ligne, Champ de bataille de Bazeilles, le 1er septembre 1870, à 5 heures du soir. »

Lançon : Morts en ligne
Morts en ligne (Actuellement au Musée départemental de la guerre de 1870 et de l'Annexion à Gravelotte.)

La peinture est achetée par l’État.

Source : Albums des salons du XIXe siècle ; salon de 1874

4e trim. : Lançon s'installe 68 rue Vandamme, toujours dans le 14e arrondissement mais dans le quartier Plaisance. Il y restera jusqu'à sa mort.

1875

Novembre : parution du tome 1 de la Troisième invasion

1876

Avril : Parution d'une édition populaire du tome 1 de la Troisième invasion reprenant le texte intégral d'Eugène Véron et 40 gravures de Lançon. Les tomes 2 de l'édition normale et de l'édition populaire sont annoncés pour novembre.

1877

Mars : Lançon participe à une exposition de peintures au Grand-Hôtel.

Le Charivari dans son numéro du 7 mars écrit : « Un Lion, de M. Lançon, dévorant quelque chose... ou quelqu'un... impossible de savoir ».

Mai-Aout : Lançon suit la guerre des Balkans avec l’armée russe pour le compte de l’Illustration. Il voyage en compagnie de Camille Farcy de La France et de Granet de La République Française. Début juillet, il se trouve à Bucarest.

Guerre russo-turque
L'Illustration, 2 juin 1877

1878

Juillet : Lançon expose "La route de Mouzon" à l'exposition des peintres militaires français, salle Frascati, 49, rue Vivienne.

1879

10 avril : premier numéro de la revue hebdomadaire La Vie Moderne dirigée par Émile Bergerat dans laquelle des dessins de Lançon seront régulièrement publiés.

Auguste Lançon - étude de tigre - La vie moderne - 1880
La vie moderne - 1880

Mai : Premier échec de Lançon aux élections municipales : L’élection a lieu le 6 mai. Donné favori, Lançon n’obtient que 298 voix face à M. Manier, également Républicain qui est élu au premier tour avec 423 voix.

1880

Octobre : La Vie Moderne publie une série de dessins de Lançon sur les music-halls de Londres accompagnant un texte de Jules Vallès.

1881

Lançon accompagne Jules Vallès à Londres.

1882

Avril : Lançon participe à l’exposition des peintres animaliers 251 rue Saint-Honoré.

Le Clairon, du 13 avril 1882 écrit : "M. Lançon a la spécialité des fauves. Ses lions et ses lionnes, vigoureusement touchés par un pinceau qui ne s'amuse pas au détail, arrivent a produire des effets très puissant. De toutes les toiles de cet artiste, la Dompteuse est la plus énergique. la plus concentrée, la plus chaude. C’est un morceau tout à fait remarquable."

Mais pour L’Évènement du 14 avril 1882 : " les fauves de M. Lançon auraient tout à gagner à une exécution moins sommaire. Ces lions sont terribles, même en peinture; on croit rencontrer la puissance, et l’on tombe sur une descente de lit. Chercher Delacroix et rencontrer un empailleur est une trop mauvaise fortune pour que M. Lançon ne passe pas très habilement à côté." 

Août : Lançon illustre par une série de dessins un article de La Vie moderne consacré aux Galabris, représentants d'une peuplade exhibée au Jardin d'acclimatation.

La Vie moderne, 12 août 1882

1883

Les Trappistes : série de 10 eaux-fortes ; librairie Quantin.

Les Poules

décembre : « La rue à Londres », Textes de Jules Vallès (Librairie Charpentier).

1884

Lançon, artiste peintre, est candidat aux élections municipales de Paris dans le 14e arrondissement, quartier Montparnasse sous les étiquettes « radical-socialiste » et « autonomiste ». Il est battu au second tour par Gustave Hubbard (Rép.), 1283 voix sur 2672, Lançon obtenant 1176 voix.

Avril/mai : Lançon est membre fondateur de la société des artistes indépendants. L’association est définitivement constituée le 11 juin et installe son siège 61 rue Caulaincourt. Son bureau appelé « comité » est ainsi composé :

Président ; Guinard, peintre ; vice-présidents : Dubois-Pillet, peintre, Pressigny, peintre ; secrétaires : Honer, peintre ; Jaudin, peintre ; membres : Chapoton, peintre ; Lançon, peintre et graveur ; Marietti, sculpteur ; Redon, graveur ; Solvet, peintre /Valton, peintre.

Parution de Les Animaux sauvages par Louis Jacolliot illustrés des dessins de Lançon gravés par Edouard Berveiller.

Décembre : Lançon participe à l'exposition des artistes indépendants. A ce propos, Charles Frémine écrit dans le Rappel : " Mais pourquoi M. Lançon ne met-il pas plus de souplesse dans ses fauves — lions et tigres — quand il les peint, lui qui les aime et les dessine si bien ? "

En décembre également, Lançon est pressenti, par le groupe de l'autonomie communale du Conseil municipal de Paris, pour être candidat aux fonctions de délégué aux élections sénatoriales du 14e arrondissement en remerciement d’avoir « tenu le drapeau autonomiste. Il est élu mais au troisième tour de scrutin seulement et n’exercera pas son mandat, sa mort étant survenue avant les élections sénatoriales.

1885

Dernière œuvre « Tigre dévorant un chevreuil » qui sera exposée au Salon de 1885. A ce salon  est également exposé un portrait de M. Lançon père commencé quelques années plus tôt.

Auguste Lançon : Portrait du père de l'artiste
Oeuvre conservée par le musée d'Orsay

13 avril : Mort à Paris à l’hôpital Necker (Paris 14e) à l’âge de 48 ans des suites d'un diabète. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse.

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1887

Un comité de Franc-Comtois se forme sous la présidence du peintre Jean Gigoux, pour élever un monument à la mémoire d'Auguste Lançon.

1888

Février : Les héritiers d’Auguste Lançon offrent à l’État, pour le musée du Luxembourg, Lionne en arrêt, ayant figuré au salon de 1881 et à la ville de Paris, Tranchée devant le Bourget, janvier 1871 exposé au salon de 1882.

8 & 9 mars : vente Lançon à l’hôtel Drouot par Me Tual.

1890

9 Novembre : Inauguration d’un monument sur la tombe de Lançon dû à M. Charles Gautier, sculpteur. Albert Pétrot prononça un éloge de Lançon.